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Le symbole de l’être accompli


Pour les Chinois, l’être accompli, le sage, l’être humain qui atteint sa pleine maturité est celui qui a évolué de l’étape 1 à l’étape 10 (voir la ligne de séparation des textes sur notre site). 10 s’écrit en chinois comme le signe plus ou une croix à branches égales, l’équilibre parfait entre l’avoir et l’être, entre le travail et le repos, entre la vie extérieure et la vie intérieure…

 

Chez l’être accompli, cet équilibre existe également entre l’activité du corps et celle de l’esprit. Pour nous qui sommes nombreux aujourd’hui à être en pré-burnout, l’idéal ne serait-il pas, même si cela semble utopique, de passer plus souvent d’un travail sédentaire à une travail physique en extérieur et si possible proche de la nature.

 

 Nous pouvons y voir également l’équilibre entre le bruit et le silence tellement indispensable et pourtant si rare de nos jours. L’équilibre entre le mouvement et l’immobilité, entre l’avoir et l’être. Ou encore l’équilibre entre les valeurs éphémères qui apportent du plaisir et du confort et les valeurs impérissables qui nourrissent le véritable bonheur.


En équilibre entre le Ciel et la Terre

Et si nous sommes véritablement des êtres évoluant entre le Ciel et la Terre et soumis à l’influence des deux comme le prétendent les Chinois, nous pouvons également voir dans ce symbole l’intérêt équilibré de l’être accompli pour les choses concernant la Terre et celles concernant le Ciel. Autrement dit, son même intérêt pour le monde matériel et pour le monde spirituel en dehors de toute considération religieuse.

 

En matière de spiritualité, force est de constater que nous vivons à une époque où nous avons malheureusement jeté le bébé avec l’eau du bain. Les religions ne répondant plus à notre besoin légitime de compréhension simple et logique de toute chose entre le Ciel et la Terre, nous les avons rejetées en même temps que la Spiritualité et le Sacré. N’avons-nous pas commis une grave erreur ? À force de nous concentrer uniquement sur les valeurs matérielles, en voulant vivre sans dieu, ni diable et sans loi, ni foi, serions-nous déconnectés de l’essentiel (essence-ciel) ? En d’autres termes, n’avons-nous pas perdu la conscience subtile d’appartenir à un Grand-Tout cohérent dans lequel il nous revient d’apprendre à nous inscrire pour être heureux ?

 

Un signe ne trompe pas: n’est-il pas étonnant de trouver davantage de silence dans un musée que dans une cathédrale ? Quel capharnaüm dans un lieu normalement sacré où devraient régner ferveur et recueillement ! Si nous sommes en perte de sens et de repères, c’est peut-être et surtout parce que nous avons rejeté le Ciel (dans sa notion la plus noble qui se suffit à elle-même), ce repère ultime et irremplaçable. Nous sommes alors devenus comme des enfants arrogants qui, ayant renié leurs parents, errent sans repère (re-père retour au père), sans direction et sans limite, mais aussi sans protection. Dès lors, n’est-ce pas naturel que nous soyons si sensibles à la peur ? 

Un symbole encourageant

Ce symbole de l’être accompli est un magni que encouragement pour l’homme moderne trop souvent persuadé que la chose spirituelle exige ascèse et renoncement à tout plaisir terrestre. Il nous montre au contraire que, chez un être pleinement évolué, il y a équilibre entre l’activité du mental et l’activité du Cœur, entre son horizontalité et sa verticalité. En d’autres termes, il y a harmonie entre sa vie matérielle et sa vie spirituelle.